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SpeechPublished on 3 November 2026

‘Respect for international humanitarian law is in everyone’s interest’ (fr)

Genf, 03.11.2026 — Opening address by FDFA State Secretary Alexandre Fasel at the Global Dialogue on International Humanitarian Law in Geneva – Check against delivery.

Madame la Présidente du CICR,
Excellences et Directeurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers collègues,

Au nom de la Suisse, je vous souhaite la bienvenue à Genève pour ce Dialogue mondial sur le droit international humanitaire, que nous avons le plaisir d'organiser conjointement avec le Comité international de la Croix-Rouge.

Je tiens tout d’abord à remercier sincèrement les six États fondateurs de l’Initiative mondiale pour leur leadership et leur engagement politique tout au long du processus, qui culminera le mois prochain avec la High-level Conference on Humanity in War en Jordanie.

J’adresse également mes remerciements aux États qui coprésident les sept groupes de travail thématiques. Votre expertise et votre engagement ont permis de faire avancer cette démarche collective et d’obtenir des résultats concrets.

Enfin, je remercie tout particulièrement le CICR pour son rôle essentiel et sa contribution déterminante tout au long de ce processus, qui nous amène aujourd’hui à Genève.

Pour moi personnellement, c’est toujours un privilège de prendre la parole ici, à Genève, cette ville où l’humanité, face aux horreurs de la guerre, a choisi de répondre non pas par l’indifférence, mais par le droit.

C’est ici qu’Henry Dunant, bouleversé par le sort des blessés de Solferino, a semé la graine d’une idée simple et révolutionnaire : même la guerre doit avoir des limites.

Aujourd'hui, nous sommes réunis dans ce même esprit, avec une ambition commune : renforcer le respect du droit international humanitaire et traduire nos engagements en actions concrètes.

Face aux défis auxquels le système multilatéral est aujourd’hui confronté, le large soutien dont bénéficie cette Initiative témoigne de l’importance de la coopération internationale et régionale. Le partage d’expériences, la confiance et le respect mutuel entre Etats sont essentiels pour renforcer le respect et la mise en œuvre du droit international humanitaire.

C’est précisément là que réside l’esprit des Conventions de Genève : l’engagement collectif des États en faveur d’une humanité commune.

Je vous remercie chacune et chacun d'avoir répondu à notre invitation pour contribuer à cet effort collectif.

L’adoption des Conventions de Genève en 1949 au sortir de la Seconde Guerre mondiale a été un succès du multilatéralisme. Aujourd’hui universellement ratifiées, les Conventions de Genève sont le fruit d’une volonté politique de tous les Etats. Tous les Etats du monde ont accepté librement et volontairement d'être liés par les Conventions de Genève. A ce titre, elles représentent un engagement unique et universel des Etats envers une humanité commune.

Malgré le consensus mondial dont bénéficient les Conventions de Genève, les règles humanitaires les plus élémentaires sont aujourd’hui largement bafouées sur les terrains de guerre. C’est ce constat qui nous réunit aujourd’hui.

Alors que nous nous trouvons à un moment critique de l’histoire jalonné par des conflits porteurs de grandes souffrances, le respect du DIH doit être hissé au rang de priorité politique. Car en sauvant des vies et en fixant des limites à la guerre, le DIH peut faciliter le retour à la paix. Le respect du DIH est dans l’intérêt de tous. C’est la raison pour laquelle les Etats ont non seulement l’obligation de respecter mais aussi de faire respecter le DIH.

La Suisse est fière de contribuer à cette initiative mondiale. Depuis son lancement, elle la soutient activement et continuera de lui apporter son plein soutien politique.

Genève occupe une place particulière dans cet effort collectif. Aujourd’hui, Genève rassemble une communauté humanitaire unique au monde. Le CICR, aux côtés de nombreuses organisations internationales et d’autres acteurs, joue un rôle essentiel pour soutenir les États, partager son expertise et rappeler l’importance de leurs obligations. Je suis particulièrement heureux de saluer leur présence parmi nous aujourd’hui.

Depuis 1949, les conflits armés ont profondément évolué. Les combats sur les champs de bataille persistent, tout comme les souffrances humaines. Mais les méthodes et les moyens de guerre ont également changé, faisant émerger de nouveaux défis pour la mise en œuvre du droit international humanitaire.

L'utilisation croissante des nouvelles technologies dans les conflits armés en est une illustration. Elle soulève notamment des questions importantes, en matière de protection des populations civiles, dont la vie quotidienne dépend de plus en plus de services numériques et d’infrastructures interconnectées. C’est dans cette perspective que la Suisse aux côtés du Ghana, du Luxembourg et du Mexique, a co-préside le groupe de travail consacré aux technologies de l'information et de la communication.

Les travaux menés dans le cadre de cette initiative confirment un point fondamental : le droit international humanitaire demeure pleinement pertinent, quelles que soient les formes que prennent les conflits armés.

Les règles existantes continuent d’offrir un cadre indispensable à la protection des personnes touchées par la guerre. Les évolutions technologiques et les nouvelles réalités opérationnelles ne diminuent en rien la nécessité de respecter ces règles.

Le principal défi ne réside donc pas dans le développement de nouvelles règles mais dans un meilleur respect et une mise en œuvre effective des règles existantes.

Notre responsabilité collective est, alors, de veiller à ce que le droit international humanitaire soit respecté et effectivement mis en œuvre, quelles que soient les formes que prennent les conflits armés.

C’est précisément l’objectif de notre Dialogue.

Au terme des cinq cycles de consultations auxquels ont participé plus de 160 États, les sept groupes de travail ont élaboré des contributions substantielles et des propositions pratiques visant à renforcer le respect et la mise en œuvre du DIH.

Ces travaux constituent une base solide. Il nous appartient désormais de franchir une nouvelle étape : relier les résultats des différents groupes de travail, dégager des priorités communes et surtout, passer des recommandations à l’action.

Au cours de ces deux journées, nous examinerons les résultats obtenus, identifierons les synergies entre les différents thèmes et discuterons ensemble des moyens de les traduire en mesures concrètes.

Cette première journée combinera des discussions plénières et des tables rondes thématiques, qui permettront d’examiner les conclusions transversales des sept groupes de travail et leur complémentarité.

Demain, nous nous concentrerons davantage sur la mise en œuvre. Les forums offriront l’occasion de partager des expériences et des bonnes pratiques nationales, d’identifier de nouvelles possibilités de coopération et de discuter des mesures concrètes que les États et les autres acteurs concernés peuvent prendre.

Nous souhaitons que ces échanges soient ouverts, pragmatiques et constructifs, guidés par un objectif commun : renforcer le respect du droit international humanitaire. Il est essentiel que nos discussions restent centrées sur cet objectif et débouchent sur des avancées tangibles.

Le succès de cette initiative ne se mesurera pas uniquement à la qualité de nos échanges ou de nos recommandations. Il se mesurera à notre capacité collective à leur donner suite, à mobiliser la volonté politique nécessaire et à renforcer la mise en œuvre du droit international humanitaire aux niveaux national, régional et international.

J’espère que ce Dialogue nous permettra de franchir ensemble cette étape décisive.

Excellences, chers collègues,

Nous sommes tous ici les gardiens de l’esprit des Conventions de Genève ; un esprit humaniste et universel qui, j’en suis convaincu, guidera nos travaux.

Puissions-nous nous inspirer de la volonté de coopération qui a permis l’adoption des Conventions de Genève en 1949 et faire preuve aujourd’hui de la même détermination pour garantir leur respect.

Il nous appartient désormais de transformer nos engagements en actions et nos recommandations en résultats concrets.

Sur ces mots, j'ai le plaisir de déclarer officiellement ouvert le Global IHL Dialogue.